France GAMERRE : Candidate à la présidentielle 2007

Réellement écolo ?…
Sur le blog de président écolo : http://president-ecolo.over-blog.com/article-4772649-6.html
France Gamerre, un peu dépitée de l'état des forces écologistes aujourd'hui, essaie de "recoller au train" de Dominique Voynet et de sortir de la "guerre" entre partis écolos pour présenter une candidature unitaire.
Un "Congrès de l'Epinay" pour l'écologie
Seule une démarche unitaire de tous les écologistes pourrait redonner sa place à l'écologie politique dans notre pays.
Chère Dominique
Pour garder le ton de votre lettre ouverte à Nicolas Hulot, dans le quotidien " Libération " du 21 novembre, permettez-moi de vous appeler " chère " considérant que les écologistes devraient nous être plus " chers
" que ceux qui s’y opposent.
Si je suis d’accord avec vous pour dire que notre ami Nicolas Hulot a emprunté beaucoup dans son dernier livre (comme dans les précédents) aux mouvements écologistes historiques, dont les Verts en sont un au même titre que Génération Ecologie, que j’ai l’honneur de présider depuis la retraite politique de Brice Lalonde.
Je pense que l’Ecologie (avec ou sans Nicolas Hulot) est entrée dans une nouvelle phase de son évolution. Cela c’est grâce à notre héritage commun que Nicolas Hulot a su mieux que nous mettre en images.
Ceci ne nous autorise pas à parler de " captation d’héritage " car nous ne sommes pas propriétaires des principes de l’écologie, même s’ils sont une partie de notre oeuvre. Ni les uns ni les autres n’avons fait breveter nos principes pour pouvoir aujourd’hui revendiquer des royalties électorales sur cet héritage.
C’est pourquoi je trouverais plus approprié de votre part de parler de la création d’un pôle commun des écologistes associant tous les Mouvements et toutes les personnalités se revendiquant de cette mouvance dans une sorte " d’Epinay de l’Ecologie " (en référence au Congrès socialiste qui a permis à François Mitterrand de ressembler la famille socialiste) que de vouloir partager avec le seul Nicolas Hulot, l’héritage de l’écologie politique que nous ont légué René Dumont, Haroun Tazieff, Antoine Weachter ou Brice Lalonde.
Dois-je vous rappeler, chère Dominique, que ce regroupement aurait pu se faire dès 1993, si " l’entente écologique ", entre les Verts et Génération Ecologie (les deux principaux partis écologiques de l’époque)
mise en place pour les législatives de 1993, avait pu se poursuivre lors des élections ultérieures et notamment lors des européennes de 1994 ?
Dois-je aussi vous rappeler que l’histoire vous attribue l’échec de cette alliance (qui avait pourtant recueilli plus de 11% de suffrage) car votre ambition de l’époque était d’avoir des députés et des ministres Verts plutôt que de rassembler les diverses formations écologiques ?
La suite vous la connaissez aussi bien que moi ainsi que la plupart des observateurs. D’abord vous avez fait une belle carrière ministérielle chez les socialistes et grâce à eux les Verts sont devenus le premier
parti écologique de France avec plus de 1400 élus. Certes c’est là, me direz-vous, une conséquence du scrutin majoritaire qui prévaut dans notre anachronique pays et vous n’avez fait que profiter du sens politique de Lionel Jospin qui, comme Mitterrand, a utilisé les Verts pour se forger une aile écologique et un contrepoids à la pression communiste.
Je dois dire que sur ce plan là vous aviez raison car l’expérience montre que vous ne vous êtes pas trompée de camp car celui de la droite, n’a eu de cesse d’éliminer les partis écologistes, soit en les chassant du terrain politique soit en les digérant en "entrée" lors de ses banquets électoraux.
Ensuite votre torpillage de l’entente des écologistes a entraîné une guerre de 13 ans entre écologistes. Laquelle est loin d’être arrivée à son terme. Entre nous, quelle belle occasion de gâchée car, aujourd’hui, le score global des écologistes serait certainement supérieur aux 10 à 14% qu’ils recueillent (toutes tendances confondues).
Aussi permettez moi de vous dire, chère Dominique, que la tentative actuelle qui transparaît dans votre lettre et qui consiste à vouloir vous associer (avec 2% dans les sondages) à Nicolas Hulot (10% dans les sondages) ressemble à la confection d’un " pâté d’alouettes " à partir d’un cheval et d’une alouette. Cette intention me paraît dérisoire par rapport aux objectifs de l’écologie.
On comprend bien votre angoisse de terminer la présidentielle avec un score ridicule si Nicolas Hulot se présentait aux élections en même temps que vous et votre volonté de recueillir son propre héritage
électoral s’il ne s’y présentait pas, mais avouez que tout ça est très personnel et à courte vue.
L’enjeu écologique majeur aujourd’hui, c’est d’établir une politique de " développement durable " que vous n’avez su mener à bien avec un PS relativement bienveillant à votre égard, faute d’avoir le soutien de
tous les écologistes. Il n’y a donc pas de raison que vous réussissiez à imposer cette politique si à nouveau, les socialistes revenant au pouvoir, faisaient appel à vous pour le " riquiqui " ministère de l’écologie.
Seule une démarche unitaire des écologistes, allant à l’encontre de votre démarche habituelle qui est d’écarter systématiquement les autres formations écologistes (sauf celle de votre amie Corinne Lepage) du champ de l’écologie politique, pourrait redonner sa place à l’écologie politique dans notre pays .
Enfin, j’ai relevé dans votre lettre, quelques erreurs d’analyse probablement induites par votre fréquentation intensive des sphères socialistes dont celle qui consiste à confondre le libéralisme et
l’industrialisation. Car les dégâts écologiques passés sont dus à l’industrialisation qui a pu se développer grâce à la domestication et à l’utilisation massive des énergies fossiles (charbon, pétrole et uranium) et non au libéralisme lui-même. Dois-je vous rappeler que les principales catastrophes écologiques du 20eme siècle se sont situées en Europe de l’Est, en ex-URRS et notamment en Sibérie qui ne subissaient pas des régimes que l’on pouvait qualifier de libéraux au sens politique et économique du terme ? Je vous concède que le régime socialiste des anciennes Républiques Soviétiques a cessé de faire des dégâts puisqu’il n’existe plus dans les textes de leur constitution.
Je vous concède donc que le principal pollueur actuel est le régime libéral auquel vous et moi, cherchons à substituer un régime " écologénique " basé sur une politique de " développent durable ".
Enfin, je terminerai cette missive en vous demandant, puisque les médias sont à votre service, d’en profiter pour rallier les français à une idée qui devra s’imposer dans les années à venir: celle d’un nouveau clivage politique non plus entre la droite et la gauche (qui est un héritage des luttes sociales du 20ème siècle) mais entre écologistes et anti-écologistes.
A chacun et chacune de choisir son camp.
Commentaires